Les éphémères de la mode / 31e Festival de Mode et de Photographie / Villa Noailles / avril 2016

Se servir de la photographie pour communiquer à grande échelle a longtemps été un vœu pieux dans la courte histoire du médium. L’emballement industriel du XIXe siècle se déroule de concert avec le développement de la discipline, mais c’est l’essor des procédés photomécaniques des années 1920, et leur entrée sans retour dans la presse, qui marque véritablement les débuts de la photographie comme outil de communication. La couleur vient plus tard, les guerres passent, la réclame s’étend, se complexifie et les Trente Glorieuses sont également les années fastes de la publicité.

La compétitivité effrénée de l’industrie de la mode exige une sophistication accrue des dispositifs de communications, une affirmation plus forte de l’identité des marques, au delà des vêtements et de la collaboration traditionnelle du couturier et du photographe. Les années 1980, consacrent le designer graphique, son rôle de pivot et de chef d’orchestre dans une stratégie globale et ambitieuse pour se distinguer de la concurrence.

De la synergie des acteurs en présence - styliste, designer graphique, photographe - naissent des catalogues commerciaux, insolites et éphémères, sans valeur marchande, ni numéro de publication ; bien souvent des espaces d’expérimentations, d’innovations graphiques et photographiques.
Ces objets, porteurs de connaissances sur une industrie en mutation et sur ses acteurs constituent l’une des pages les plus intéressantes de la communication des marques.

La librairie Tailor Books, spécialisée en livres de photographie de mode, est présente pour la troisième année consécutive au Festival de Mode et de Photographie de la Villa Noailles. Cette nouvelle participation amorce le début d’une activité d’édition et de production d’expositions dédiées au livre de photographie lui-même. Pour cette première exposition, Tailor Books fait appel aux talents de Marco Pecorari (Ph.D, directeur du MA Fashion Studies à Parsons The New School, Paris) et Marlène Van de Casteele (Enseignante en histoire de la mode à l’ENSAD et doctorante sur la photographie de mode, Lyon 2).